Blog Bois Sec

6 mars 2007

Extrait du journal intime de P.Queuche (guitariste)

Classé dans : Billet d'humeur — contact @ 22:17

Vendredi 8 février 19h22, zone industrielle de Meyzieu, en attendant le stage à la Note Bleue.
Je viens enfin de terminer l’analyse de la dicyanamide, je vais pouvoir faire ma pause. Je plonge dans la froideur humide de cette soirée de février en direction de la cantine. Quelques néons éclairent d’une lueur blafarde les bâtiments de production. Je presse le pas, rythmé par le claquement des machines qui tournent dans l’atelier B3, je coupe par le service maintenance, traverse l’ancien parking vide.

Je suis seul, il fait froid.

Les portes automatiques de la cantine s’ouvrent enfin. Je rejoins mes quelques collègues d’infortune attablés dans cette espace devenu soudain trop grand.>

  • “C’est quoi le menu ?”
  • ” moules frites”

Génial ! Vous avez déjà dégusté des moules frites préparées le midi et réchauffées au micro-onde. Les frites sont dures et les moules sont recroquevillées dans leurs coquilles avec l’aspect d’un chewing-gum goût pêche-abricot oublié sous une chaise d’écolier.
Alors je pense à mes collègues de Bois Sec ! qui en ce moment même sont entrain de s’installer à la table d’un restaurant et de commander un merveilleux repas. Peut-être ont-ils une petite pensée pour moi ! surtout qu’ils vont même pas savoir quoi choisir comme vin. Je suis sur que s’ils avaient eu mon numéro de téléphone au boulot, ils n’auraient pas hésité à m’appeler à l’aide.
De toute façon, en ma qualité de trésorier, j’aurai plus tard la note sous les yeux qui seuls me resteront pour pleurer.
Je me mets à regretter d’avoir fait tant d’études. Si j’avais moins bossé à l’école, aujourd’hui je serais peut-être fonctionnaire ou qui sait même banquier et je ne serais pas là dans cette usine pendant que d’autres font bombance.
Enfin, il est 21h15, je peux quitter l’usine et rejoindre mes camarades musiciens qui doivent en être au dessert. Je prends la rocade direction le sud, puis l’autoroute. Personne, c’est presque comme le parking de l’usine. Tu penses, ils sont tous au chaud, pas si bêtes.

22h00, Chonas l’amballan est en vue. Je traverse le village où les maisons ne sont éclairées que par la lueur des postes de télévision. Je crois que c’est la prochaine à droite. Gagné, c’est la rue du cimetière, je suis sur la bonne voie ! Merde je suis allé trop loin, demi-tour, la petite montée. La voiture d’Hervé n’est pas là, ils doivent être encore au restaurant, tu parles !
J’attends cinq minutes dans le froid et me décide à aller gratter à la porte de Jacques qui m’accueille à bras ouverts en maudissant mes camarades qui ne sont même pas là pour m’accueillir. Je retrouve le gîte et son feu de cheminée.
Et puis enfin nous sommes réunis et j’oublie tout, la zone industrielle, le repas, la rocade, l’attente.

Sinon, le stage avec Jacques à la Note Bleue, c’était super !

Qu’est ce que c’est bien de faire de la musique…

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